Dictature en Egypte

Mona Zulficar, soutien de la dictature du maréchal Al-Sissi, a été interviewée par Le Temps ce 26 mars 2014

Le journaliste Luis Lema relève que 98% des votants ont adopté la nouvelle Constitution, dont Mona Zulficar est l’une des conceptrices. Merci pour son scepticisme, mais il oublie de préciser que selon  les chiffres officiels, seulement 38% des électeurs se sont déplacés, alors que selon les sources des opposants au coup d’Etat,  le pourcentage ne dépassait pas 12% des électeurs !

 Au moment où l’on annonce la condamnation à mort de plus d’un demi-millier de Frères musulmans, est-il encore possible de trouver une quelconque crédibilité au coup d’Etat militaire qui a, je le rappelle, suspendu la première Constitution établie démocratiquement en Egypte, laquelle demeure, juridiquement, la seule référence légitime ?

Il est absolument inadmissible de voir la presse prendre le parti des putschistes qui sont à l’origine des violences – le président Morsi a engagé le peuple a résisté pacifiquement –  et qui ont sciemment brûlé des Eglises pour en faire porter la responsabilité aux élus.

 Il serait grand temps que votre rédaction refuse de se faire l’écho favorable des représentants d’un Etat policier. 

 Il serait temps que vous rendiez compte des manifestations et des grèves qui, à l’heure où j’écris ces lignes, gagnent jour après jour l’Egypte, et disent NON au coup d’Etat. 

 Il serait temps que vous fassiez une enquête sur toutes les étudiantes et tous les étudiants qui croupissent actuellement en prison pour avoir levé quatre doigts en signe de protestation. Et sur la liste des morts, des blessés et des disparus que l’on cherche encore. 

 Il serait temps que vos reporters sur place  éclairent  l’opinion publique.

 Au lieu d’inviter dans vos pages une marionnette saupoudrée de la dictature ! 

 Hani RAMADAN

Directeur du Centre Islamique de Genève

Le Temps, 28 mars 2014

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